La réponse en bref
Vérifier sa CFE consiste à rapprocher la valeur locative de la ligne 1 de l’avis de la surface et de la nature des locaux décrits dans le bail, puis à contrôler que seuls vos lots sont rattachés à l’établissement. On vérifie ensuite la base minimum (lignes 9 à 12 et 189), les exonérations (ligne 13) et le plafonnement de la contribution en fonction de la valeur ajoutée (1,531 % pour 2026).
Quelques heures suffisent pour ce premier examen, avec trois documents que vous avez déjà : le bail, l’avis et la liasse fiscale. La fiche d’évaluation du local, à demander au service des impôts, confirme ensuite la catégorie et la surface retenues. Toute anomalie se conteste jusqu’au 31 décembre de l’année qui suit la mise en recouvrement.
Les avis de CFE 2026 sont mis en ligne dans les espaces professionnels début novembre, pour un paiement au 15 décembre. Beaucoup d’entreprises le règlent sans le lire. Avec ce guide, vous saurez en quelques heures lire les quatorze lignes utiles de votre avis, repérer les sept points de contrôle où l’on rencontre des anomalies dans les dossiers, et décider s’il y a lieu de demander la fiche d’évaluation, de réclamer, et dans quel délai.
Informations vérifiées auprès des sources officielles le 23 octobre 2026.
Qu’est-ce que la CFE et sur quoi est-elle calculée ?
La cotisation foncière des entreprises est un impôt local dû par toute personne qui exerce en France une activité professionnelle non salariée au 1er janvier (article 1447 du CGI). Elle est assise sur la valeur locative des biens passibles de taxe foncière dont l’entreprise a disposé pour son activité, non pas l’année de l’avis, mais l’avant-dernière année : l’avis 2026 taxe les locaux occupés en 2024 (article 1467 du CGI).
La CFE n’est donc pas un forfait lié au chiffre d’affaires. Le chiffre d’affaires n’intervient qu’à la marge, pour fixer la base minimum des entreprises dont les locaux ont une faible valeur locative. Pour une entreprise qui occupe un atelier, un entrepôt, un magasin ou des bureaux, l’impôt dépend de trois éléments : la valeur locative de ces locaux, le taux voté par la commune ou l’intercommunalité, et les taxes annexes.
La valeur locative révisée brute n’est pas celle de votre avis. Elle subit un coefficient de neutralisation, puis un « planchonnement » qui limite l’écart avec l’ancienne valeur (article 1518 A quinquies du CGI). La ligne 1 affiche cette valeur neutralisée et planchonnée : elle n’est pas le loyer de marché, et un écart important entre les deux n’est pas en soi une anomalie.
À cette valeur s’applique le taux de la collectivité (ligne 17), puis s’ajoutent les taxes spéciales d’équipement, la taxe GEMAPI le cas échéant, les frais de gestion perçus par l’État et la taxe pour frais de chambre de commerce et d’industrie. Le total de ces lignes forme le montant de votre impôt.
- Fiche d’évaluation
Surface pondérée × tarif au m²
Selon la catégorie du local et le secteur géographique
Coefficient de neutralisation
Ramène la valeur révisée au niveau de l’ancienne assiette
Planchonnement
Limite l’écart avec l’ancienne valeur locative
- Ligne 1
Valeur locative
Le point de contrôle principal, à rapprocher du bail
- Lignes 13 et 15
Réductions et exonérations
Ou base minimum si elle est supérieure (lignes 9 à 12)
- Ligne 17
Taux de la collectivité
Voté par la commune ou l’intercommunalité
- Lignes 24 et 35
Taxes annexes et frais de gestion
Taxes spéciales d’équipement, frais de gestion, taxe CCI
- Total
Montant de la CFE à payer
Avant plafonnement éventuel en fonction de la valeur ajoutée
Qui paie la CFE et qui en est exonéré ?
Toute personne physique ou morale qui exerce habituellement, au 1er janvier, une activité professionnelle non salariée en France est redevable de la CFE. Cela inclut les sociétés, les entrepreneurs individuels, les micro-entrepreneurs, les professions libérales, les loueurs en meublé et les dirigeants domiciliés chez eux, qui sont alors taxés sur une base minimum.
Les exonérations prévues par la loi s’appliquent dès que leurs conditions sont remplies, mais plusieurs supposent une justification. Les artisans n’en bénéficient que si le travail manuel est prépondérant, sans spéculation sur les matières premières et avec un capital engagé limité (article 1452 du CGI). Toute entreprise nouvelle est exonérée sa première année civile d’activité, puis sa base est réduite de moitié l’année suivante (article 1478 du CGI).
Les exonérations sur délibération dépendent d’un vote de la collectivité et d’une demande de l’entreprise dans les délais déclaratifs. Elles visent notamment les implantations en quartier prioritaire, en zone franche urbaine ou en zone France Ruralités Revitalisation, les jeunes entreprises innovantes, le spectacle vivant et les cinémas (articles 1464 à 1466 F du CGI). Sur l’avis, elles apparaissent aux lignes 13 (bases exonérées) et 20 (cotisations exonérées).
Où trouver son avis de CFE et quelles lignes lire ?
L’avis de CFE n’est plus envoyé par courrier : il est déposé dans votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, rubrique « Consulter », puis « Avis CFE ». Si vous avez renseigné une adresse électronique, un message vous prévient de sa mise en ligne. Le détail du calcul occupe la deuxième page ; les lignes d’information (cotisation minimum, lissage) figurent dans la partie de totalisation, en fin d’avis.
Quatorze lignes comptent pour le contrôle, détaillées dans le tableau de cet article. Gardez l’avis ouvert à côté de votre bail : les vérifications qui suivent se font ligne par ligne.
Détermination de la base
- 1Valeur locative des biens passibles de taxe foncière
- 12 480
- 2Dont biens concernés par la révision
- 12 480
- 3Présence d’un bien industriel
- NON
- 5Réduction pour création d’établissement
- 0
Base minimum
- 9Imposition sur la base minimum
- NON
- 10Chiffre d’affaires retenu
- > 500 000
- 12Base minimum applicable
- 7 400
Calcul de la cotisation
- 15Bases nettes
- 12 480
- 16Taux N-1
- 26,28 %
- 17Taux N
- 26,23 %
- 24Frais de gestion
- 98
- 35Taxe pour frais de CCI
- 152
Informations
- 189Cotisation minimum
- 2 040
- 192Lissage de l’augmentation
- 0
Quelles anomalies trouve-t-on le plus souvent sur un avis de CFE ?
Sept anomalies reviennent dans les dossiers que l’on examine. Côté locaux : une catégorie inadaptée à l’usage réel (des bureaux au lieu d’un atelier ou d’un dépôt), une surface pondérée supérieure à celle du bail, un lot rattaché à l’établissement que vous ne possédez pas ou ne louez pas, et un local quitté ou restitué, toujours taxé faute de déclaration 1447-M.
Côté calcul : un chiffre d’affaires de référence erroné pour la base minimum (ligne 10), une exonération acquise mais non appliquée (ligne 13 vide), et un plafonnement en fonction de la valeur ajoutée jamais demandé. Ce plafonnement oublié n’est pas une erreur de l’administration : le dégrèvement n’existe que si l’entreprise le réclame.
Comment contrôler la valeur locative de ses locaux ?
La première vérification porte sur la surface et la nature des locaux. Votre bail décrit les lieux loués : surface, usage (bureaux, activité, stockage), nombre de places de parking. Une surface comptée en double, un étage restitué au bailleur mais toujours rattaché, un parking jamais loué : autant d’écarts qui gonflent la ligne 1. Une erreur de base se répète chaque année tant que personne ne la signale ; à un taux de 30 %, 1 000 € de valeur locative en trop coûtent 300 € de CFE par an.
La deuxième porte sur la catégorie, qui commande le tarif. Un atelier classé en bureaux ou un dépôt classé en magasin peut voir sa valeur locative nettement augmenter dans une même commune. Un premier repère, exploratoire : divisez la ligne 1 par la surface de votre bail. Ce ratio ne valide rien, mais un résultat hors de proportion avec la nature des lieux (un entrepôt au niveau d’un bureau de centre-ville) justifie de demander la fiche d’évaluation, disponible dans l’espace professionnel ou auprès du service des impôts des entreprises.
Le cas inverse, une valeur locative très inférieure au loyer, est courant : la neutralisation et le planchonnement produisent cet écart. Il ne justifie ni réclamation ni inquiétude. La décision de réclamer se prend sur un critère unique : l’écart entre la cotisation payée et celle qui résulterait d’une base corrigée, rapporté au coût de la démarche.
La troisième vérification est la plus discrète. L’administration rattache à votre établissement des locaux au sens cadastral : le local principal, mais aussi chaque place de parking, chaque cave ou réserve, qui ont chacun leur identifiant. Dans un ensemble divisé en lots, un lot appartenant à un autre propriétaire peut se retrouver rattaché à vous. Le point de contrôle est la déclaration des loyers professionnels (DECLOYER), qui liste les locaux attribués à l’entreprise : un local marqué « inconnu pour l’entreprise » ou un propriétaire qui n’est pas votre bailleur doivent alerter.
Le bail
Ce que vous occupez
- Surface et usage des locaux
- Lots, caves et parkings loués
L’avis de CFE
Ce que l’administration a retenu
- Valeur locative (ligne 1)
- Base minimum et exonérations (lignes 9 à 13)
La liasse fiscale
Ce que l’entreprise a produit
- Chiffre d’affaires de référence (ligne 10)
- Valeur ajoutée, tableau 2059-E ou 2033-E
La fiche d’évaluation
À demander au service des impôts
- Catégorie et surface pondérée
- Tarif et coefficients appliqués
La base minimum de CFE s’applique-t-elle à vous ?
La base minimum s’applique si la ligne 9 de votre avis indique « OUI » : votre valeur locative est inférieure au plancher fixé pour votre tranche de chiffre d’affaires, et c’est ce plancher qui est taxé. Le barème va de moins de 10 000 € à plus de 500 000 € de chiffre d’affaires ; chaque collectivité choisit son montant à l’intérieur de fourchettes fixées par la loi.
Deux contrôles en découlent. Le premier porte sur la ligne 10 : le chiffre d’affaires retenu doit être celui de l’avant-dernière année, celui de votre liasse 2024 pour l’avis 2026. Un chiffre d’affaires exceptionnel une année, par exemple une cession d’actif, ne doit pas vous faire monter de tranche durablement.
Le second concerne l’intérêt même d’une réclamation. La ligne 189 donne la cotisation minimum, c’est-à-dire l’impôt que vous paieriez sans aucun local. Si votre CFE n’est que légèrement supérieure à ce montant, une contestation de la valeur locative, même gagnée, ne vous rapportera que la différence. Dans ce cas, le bon conseil est souvent de ne rien faire.
Votre CFE est-elle plafonnée en fonction de votre valeur ajoutée ?
Votre CFE est plafonnée si la CFE et la CVAE réunies dépassent 1,531 % de la valeur ajoutée produite en 2026. L’excédent est alors dégrevé, mais seulement si l’entreprise le demande : l’administration ne le calcule jamais d’office.
Quatre règles changent le résultat. La valeur ajoutée est celle de l’année d’imposition, pas celle de l’année de référence des locaux : pour 2026, celle de l’exercice clos en 2026 (tableau 2059-E ou 2033-E). La contribution retenue exclut les taxes consulaires et leurs frais de gestion. Le dégrèvement ne peut ramener la cotisation sous la cotisation minimum de la ligne 189. Enfin, le calcul se fait au niveau de l’entreprise, tous établissements confondus.
Un exemple chiffré pour 2026 : une entreprise dont la valeur ajoutée s’établit à 600 000 € a un plafond de 9 186 €. Si elle supporte 10 500 € de CFE hors taxe consulaire et 500 € de CVAE, soit 11 000 €, le dégrèvement potentiel est de 1 814 €, sous réserve de la cotisation minimum. Le mécanisme concerne surtout les activités à forte emprise immobilière et faible marge : logistique, restauration, commerce de détail en centre-ville.
La demande se dépose une fois la valeur ajoutée de l’année connue, dans le délai de réclamation ordinaire. L’entreprise qui anticipe un plafonnement peut, sous sa responsabilité, imputer le dégrèvement attendu sur le solde de CFE de décembre ; une imputation excessive expose toutefois à une majoration.
Pourquoi votre CFE 2026 peut-elle augmenter sans changement de locaux ?
La révision des valeurs locatives entrée en vigueur en 2017 a entraîné des hausses ou des baisses de cotisation, étalées sur dix ans. La ligne 192 des avis précédents indiquait le montant annuel de ce lissage. L’année 2025 était la dernière : en 2026, la cotisation atteint son niveau révisé plein. Pour une entreprise dont le lissage réduisait la cotisation de 330 € par an, la hausse mécanique de 2026 est de 330 €, à taux et tarifs constants.
Chaque année, les tarifs au mètre carré sont par ailleurs mis à jour à partir des loyers déclarés par les entreprises dans leur DECLOYER. Dans les secteurs où les loyers montent, les valeurs locatives suivent, avec un ou deux ans de décalage. Comparez enfin les lignes 16 et 17 : un relèvement de taux décidé par votre commune ou votre intercommunalité ne se conteste pas, il se constate.
Une hausse expliquée par ces trois facteurs n’appelle pas de réclamation. Mais une augmentation modérée peut masquer un lot rattaché à tort, et une forte augmentation peut être parfaitement régulière.
Que faire si vous trouvez une erreur sur votre avis de CFE ?
Une erreur se corrige par une réclamation adressée au service des impôts des entreprises, au plus tard le 31 décembre de l’année qui suit celle de la mise en recouvrement (article R*196-2 du livre des procédures fiscales). La démarche se fait depuis la messagerie sécurisée de l’espace professionnel : le message expose l’erreur, chiffre la correction demandée et joint les pièces (extrait du bail, plan, DECLOYER, liasse pour un plafonnement).
Vous pouvez demander en même temps un sursis de paiement sur la partie contestée ; au-delà de 4 500 €, l’administration peut exiger des garanties. En cas de rejet, l’impôt contesté devient exigible avec les majorations et intérêts prévus par les textes. En cas d’acceptation, le trop-perçu est remboursé.
Quatre situations n’appellent pas, à elles seules, de réclamation : une hausse expliquée par la fin du lissage, les tarifs ou les taux ; une valeur locative proche de la base minimum, où le gain est borné par la cotisation minimum ; une valeur locative inférieure au loyer réel ; un plafonnement qui ne joue pas. Cela n’exclut pas une autre anomalie sur le même avis.
Un changement dans vos locaux se signale par une déclaration. Réduction, extension ou changement d’affectation d’un local conservé : déclaration 1447-M avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l’année qui suit. Transfert : déclaration 1447-C avant le 31 décembre de l’année du transfert. Un ancien local encore présent sur un avis n’est donc pas, à lui seul, la preuve d’une erreur : il faut dater le changement et vérifier la déclaration déposée avant de réclamer.
L’avis comporte-t-il une anomalie de base (catégorie, surface, lot, local quitté, exonération oubliée) ?
- Oui
L’écart avec la cotisation minimum (ligne 189) justifie-t-il la démarche ?
- OuiDemander la fiche d’évaluation, puis réclamer avant le 31 décembre de l’année suivante
- NonNe rien faire : le gain serait borné par la cotisation minimum
- Non
CFE et CVAE dépassent-elles 1,531 % de la valeur ajoutée de l’année ?
- OuiDemander le plafonnement sur le formulaire 1327-CET-SD
- NonPayer au 15 décembre : l’avis est régulier
Quelles sont les dates à retenir pour la CFE 2026 ?
Les avis 2026 sont mis en ligne dans l’espace professionnel début novembre 2026. L’adhésion au prélèvement à l’échéance reste possible jusqu’au 30 novembre, et le paiement est dû au plus tard le 15 décembre 2026. Les impositions mises en recouvrement plus tard, cas des avis tardifs ou rectificatifs, se paient avant le 15 février 2027.
Au printemps 2027 viennent le dépôt de la déclaration 1447-M pour un changement de locaux intervenu en 2026, et celui de la DECLOYER avec la liasse. Si la CFE 2026 dépasse 3 000 €, un acompte égal à 50 % de son montant sera dû au 15 juin 2027, à valoir sur la CFE 2027.
2026
- Mise en ligne des avis dans l’espace professionnel
- Dernier jour pour adhérer au prélèvement à l’échéance
- Date limite de paiement de la CFE 2026
- Fin du délai de réclamation sur l’avis 2025
2027
- Déclaration 1447-M en cas de changement de locaux, DECLOYER avec la liasse
- Acompte de 50 % si la CFE 2026 dépasse 3 000 €
- Fin du délai de réclamation sur l’avis 2026
Que donne ce contrôle sur des dossiers réels ?
Trois cas rencontrés dans des dossiers du cabinet, anonymisés, montrent les trois issues possibles d’un contrôle de CFE : une piste à vérifier, un arbitrage à présenter au dirigeant, un dégrèvement à aller chercher.
Cas 1 : l’établissement de dix-sept lots
- Situation
- Un fabricant-distributeur de matériel technique occupe en Île-de-France un bâtiment d’activité de 740 m² sur deux niveaux, avec seize places de parking, loué 115 000 € par an à une SCI. Chiffre d’affaires 12 M€, valeur ajoutée 1,75 M€. CFE 2025 : 14 477 €, en hausse de 5,2 % sur 2024 ; CVAE 2025 : 3 267 €, comptabilisée à part.
- Contrôle effectué
- Valeur locative de 48 642 €, soit 66 € par mètre carré, cohérente avec la catégorie « local d’activité » et avec les surfaces du bail. La hausse s’explique par la dernière annuité du lissage 2017-2025 (330 €) et l’actualisation des tarifs. Base minimum sans objet. Plafonnement sans objet : 1,75 M€ × 1,438 % donnent 25 165 € de plafond pour 2025, contre une contribution d’environ 17 200 € hors taxe consulaire. Dernier contrôle : la déclaration DECLOYER liste dix-sept lots rattachés à l’établissement.
- Constat
- Seize lots appartiennent au bailleur ; le dix-septième appartient à une société immobilière tierce, sans lien avec l’entreprise, et il est signalé « local inconnu ». Rien ne prouve encore qu’il entre dans la base de l’avis : la DECLOYER liste les locaux attribués à l’entreprise, pas ceux effectivement taxés. C’est une piste de contrôle, pas une erreur établie. Deux points annexes relevés au passage : une taxe foncière refacturée par le bailleur enregistrée sous un libellé de loyer, et une clause de taxe sur les bureaux contradictoire dans le bail.
- Décision
- Demande de la fiche d’évaluation au service des impôts des entreprises pour identifier le lot litigieux, puis réclamation sur l’avis 2025 avant le 31 décembre 2026 si le lot figure dans la base. L’enjeu dépend de la nature du lot : quelques dizaines d’euros pour une place de parking, davantage pour un local.
LeçonUne valeur locative cohérente ne dispense pas de vérifier la liste des lots rattachés à l’établissement.
Cas 2 : le commerce de gros qu’il ne faut pas contester
- Situation
- Un négociant en gros occupe un local de plain-pied dans une zone commerciale de Seine-Saint-Denis, loué environ 64 000 € par an. Chiffre d’affaires 2,8 M€, valeur ajoutée 560 000 €. CFE 2025 : 3 860 €, pour une valeur locative de 9 131 € et un taux intercommunal de 38,49 %.
- Contrôle effectué
- La valeur locative ne dépasse la base minimum de la collectivité (7 427 €) que de 23 % ; la cotisation minimum de la ligne 189 s’établit à 3 051 €. Plafonnement sans objet : 560 000 € × 1,438 % donnent 8 053 € de plafond, pour une contribution d’environ 4 300 € hors taxe consulaire. La valeur locative ne représente que 14 % du loyer, écart habituel après neutralisation et planchonnement.
- Constat
- Même si la fiche d’évaluation révélait une erreur de catégorie, la CFE ne pourrait descendre sous la cotisation minimum : le gain d’une réclamation est borné à 809 € par an. En face : le temps de constitution du dossier, les honoraires éventuels, et une probabilité d’erreur inconnue tant que la fiche n’a pas été lue. Le compte de CFE mélangeait par ailleurs la CVAE et une extourne, ce qui faussait la lecture des charges.
- Décision
- L’arbitrage a été présenté au dirigeant avec ces trois données. Il a choisi de demander la fiche d’évaluation, gratuite, et de ne réclamer que si elle révèle une erreur de catégorie manifeste. L’imputation comptable a été corrigée sans attendre pour isoler la CFE de la CVAE.
LeçonMesurer d’abord l’écart entre la cotisation payée et la cotisation minimum, qui borne le gain ; la décision de réclamer appartient ensuite au dirigeant, pas à son conseil.
Cas 3 : le restaurant et le plafonnement jamais demandé
- Situation
- Un restaurant de 600 m² à Paris, loué 360 000 € par an, réalise 2,5 M€ de chiffre d’affaires et 850 000 € de valeur ajoutée sur l’exercice 2025 (tableau 2059-E). La valeur locative retenue, 180 000 €, est cohérente avec la catégorie « restaurant » du secteur. CFE 2025 : 32 000 €, dont 400 € de taxe consulaire et frais associés ; CVAE 2025 : 900 €. L’avis n’a jamais été contesté : le dirigeant considère l’impôt comme le prix de l’emplacement.
- Contrôle effectué
- Valeur locative juste, base minimum sans objet, lots exacts. Reste le plafonnement : 850 000 € × 1,438 % donnent 12 223 €, plafond de la contribution pour 2025. Contribution retenue : 31 600 € de CFE hors taxe consulaire et 900 € de CVAE, soit 32 500 €.
- Constat
- Dégrèvement potentiel de 20 277 € au titre de 2025, à demander sur le formulaire 1327-CET-SD avant le 31 décembre 2026, sous réserve de la cotisation minimum et de l’ensemble des établissements. Pour 2026, le plafond passe à 1,531 %, mais la valeur ajoutée de l’exercice ne sera connue qu’au printemps 2027. Le millésime 2024 est perdu : son délai de réclamation a expiré le 31 décembre 2025.
- Décision
- Une demande de plafonnement pour 2025, un dégrèvement estimé pour 2026 imputé sous la responsabilité de l’entreprise sur le solde de décembre, et le calcul inscrit chaque année au calendrier fiscal dès que la liasse est arrêtée, car la valeur ajoutée d’un restaurant varie bien plus que ses locaux.
LeçonUn avis exact peut encore donner lieu à dégrèvement, et chaque année non demandée dans le délai est définitivement perdue.
Vérifier sa CFE prend quelques heures, la payer sans la lire coûte chaque année
Un avis de CFE se lit avec trois documents : le bail, l’avis d’imposition et la liasse fiscale. Une anomalie de base, catégorie mal retenue ou lot rattaché à tort, se répète chaque année tant que personne ne la signale ; une valeur locative inférieure au loyer, en revanche, n’en est pas une.
Les hausses sont le plus souvent régulières, mais leur niveau ne dispense pas du contrôle. Si un doute subsiste sur la valeur locative ou sur le plafonnement, la fiche d’évaluation du local et le tableau de valeur ajoutée de la liasse tranchent. La grille de contrôle proposée en fin d’article reprend ces vérifications sur une page, à garder avec vos avis.
Les quatorze lignes de l’avis de CFE à contrôler, et ce que chacune doit vous dire
| Ligne | Intitulé | Ce que vous vérifiez |
|---|---|---|
| 1 | Valeur locative des biens passibles de taxe foncière | Le cœur du calcul : valeur révisée, neutralisée et planchonnée, à rapprocher de la surface et de la nature des locaux du bail |
| 2 | Dont valeur locative des biens concernés par la révision | En principe égale à la ligne 1 pour un local professionnel ordinaire |
| 3 | Présence d’un bien industriel | « NON », sauf usine ou installations évaluées selon la méthode comptable |
| 5 | Réduction pour création d’établissement | Doit être servie l’année qui suit une création (réduction de moitié) |
| 9 | Imposition sur la base minimum | « OUI » : vos locaux pèsent moins que le plancher fixé pour votre chiffre d’affaires |
| 10 | Chiffre d’affaires retenu pour la base minimum | Celui de l’avant-dernière année ; une erreur ici change de tranche |
| 12 | Base minimum applicable | Le plancher fixé par votre collectivité pour votre tranche |
| 15 | Bases nettes | La base effectivement taxée, après réductions et exonérations |
| 16 et 17 | Taux N-1 et taux N | La variation de taux explique une partie de la hausse d’une année sur l’autre |
| 24 | Frais de gestion | Environ 3 % des cotisations communales et intercommunales (article 1641 du CGI) |
| 35 | Taxe pour frais de chambre de commerce et d’industrie | Due par les entreprises commerciales et industrielles, exclue du calcul du plafonnement |
| 189 | Cotisation minimum | L’impôt que vous paieriez sans aucun local : votre plancher, utile pour juger l’intérêt d’une réclamation |
| 192 | Lissage de l’augmentation de cotisation | Le montant annuel du lissage 2017-2025 ; sa disparition en 2026 explique une hausse |
Questions fréquentes
Sur la valeur locative des locaux occupés deux ans avant l’année d’imposition, multipliée par le taux voté par la commune ou l’intercommunalité, à laquelle s’ajoutent les taxes annexes et les frais de gestion. Sans local, ou avec un local de faible valeur, c’est une base minimum fixée selon le chiffre d’affaires qui s’applique.
Dans l’espace professionnel sur impots.gouv.fr, rubrique « Consulter », puis « Avis CFE ». Aucun avis n’est envoyé par courrier : si l’adresse électronique de l’entreprise est renseignée, un message prévient de sa mise en ligne, début novembre.
Oui, par une réclamation adressée au service des impôts des entreprises depuis la messagerie sécurisée, jusqu’au 31 décembre de l’année qui suit la mise en recouvrement. Un sursis de paiement peut être demandé sur la partie contestée ; la partie non contestée reste due à l’échéance.
Au plus tard le 15 décembre 2026, en ligne ou par prélèvement. L’adhésion au prélèvement à l’échéance est possible jusqu’au 30 novembre. Si la cotisation de l’année précédente dépassait 3 000 €, un acompte de 50 % a déjà été versé au 15 juin et seul le solde reste dû.
Déposer une déclaration 1447-C avant le 31 décembre de l’année du transfert. Les modifications d’un local conservé (réduction, extension, changement d’affectation) relèvent de la déclaration 1447-M, à déposer avant le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai de l’année suivante.
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